PIRATES …

Publié: 28 avril 2016 dans HUMOUR

Comment le perroquet devint l’oiseau-fétiche des pirates

C’était un petit matin à l’Ile du Jour Maudit. Dans sa rade sous le vent, mouillait la frégate anglaise « The Perrot ». Le navire s’était posé là pour avitailler en eau potable et attendait la marée haute pour appareiller. Une brume épaisse noyait la scène, la visibilité ne dépassait pas une lieue. Le capitaine comptait sur la brise qui accompagnait la haute mer pour chasser cette purée de pois.
Personne sur le bateau ne se doutait de la présence du navire pirate « Le Predator » tapi dans le brouillard qui attendait patiemment pour fondre sur sa proie. Son capitaine et ses mathurins, au régime sec depuis plusieurs semaines comptaient bien sur cette prise pour retrouver des couleurs. L’équipage de ce rafiot n’était guère brillant. Le capitaine avait failli plusieurs fois être pendu en haut des vergues mais s’en était toujours tiré miraculeusement comme la fois où la corde avait cassé. Le second, un bois-sans-soif, amiral de bateau-lavoir était du genre à abriter des neurones en berne. Le reste de l’équipage, on n’en parle pas, des bachi-bouzouks, véritables déchets humains glanés au hasard au fil d’escales dans des ports mal famés. Leurs exploits n’avaient rien de bien brillants, ils accumulaient les échecs dans l’arraisonnage des bateaux de commerce. Cette fois cela semblait presque trop facile, raison suffisante pour se méfier s’ils voulaient se refaire une santé. Flibustier en chef avait bien compris que la frégate attendait la marée haute et à la première risée qu’il prendrait en premier, il fondrait sur sa proie pour l’aborder par tribord.
L’attaque fut fulgurante et quelques minutes suffirent aux pirates pour s’emparer du navire. L’équipage fut rapidement passé par la plage pour nourrir les poissons. On découvrit dans la cabine du commandant trois femmes qui furent attachées en fond de cale en attendant qu’on statue sur leur sort. Les pirates avaient décidé de continuer sur le Perrot bien plus fringant que leur épave vermoulue et qui présentait l’avantage de tromper les navires anglais quand ils en croiseraient. Le capitaine se délectait d’avance en imaginant la surprise de l’équipage quand il découvrirait le Jolly Roger flottant en haut du grand mât.
Le Perrot était plein à ras bord de tonneaux de whisky. L’équipage passa une semaine sans dessouler. Ils en avaient même oublié les femmes dans la cale. Quand ils hissèrent les voiles ils étaient encore trop ivres pour s’apercevoir que le ciel était bien chargé en nuages lourds. Personne n’avait fait attention à ce perroquet qui voltigeait autour du nid de pie. Il commença par titiller la vigie et ensuite s’enhardit à voleter autour des hommes d’équipage. Malgré leurs efforts, aucun n’arrivait à en venir à bout. Ni les tirs de pistolet, ni les moulinets de sabre. Le mauvais temps qui s’était levé rendit rapidement la situation incontrôlable. L’issue devint très sombre quand soudant le bateau fut poussé par un vent violent en direction des récifs. Et puis soudain, du haut du nid de pie, le perroquet se mit à hurler des ordres :
« La barre à bâbord, amenez le grand cacatois, hissez le petit génois ! »
La situation était tellement désespérée que l’équipage se mit à obéir aux ordres.
« Bordez le foc, choquez l’artimon en avant toute ! »
Après une demi-heure d’un combat féroce, le navire se retrouva plus au calme, le plus dur était passé. Le perroquet descendit alors de son perchoir et vint se pose sur l’épaule du capitaine.
« Palsambleu, cria-t-il, boire un coup ! »
Le second se précipita avec un verre de gnôle que le volatile éclusa cul sec sous les hourrahs de l’équipage. Depuis le capitaine et son oiseau ont écumé la mer des Caraïbes, échappant aux tempêtes et capturant moult bateaux anglais. Les autres pirates ont voulu imiter le modèle avec des fortunes divers d’ailleurs car bien peu de perroquets n’avaient le talent de leur illustre prédécesseur. Et pourtant les capitaines flibustiers se sont mis à beaucoup apprécier leur compagnie.

 

 

Satellite

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